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Histoire des officiers généraux de la
Maison de Roquefeuil
Les ROQUEFEUIL,
Officiers généraux de la Marine et des Armées
Depuis le règne de Louis XIV et ses grandes organisations militaires,
spécialement en 1668 et 1669 pour la Marine, le nom de Roquefeuil a été
porté en France par de nombreux Chefs de corps, après les Régiments de
Roquefeuil et de la Roquette levés par des Maistres-de-camp-colonels, de
cette Maison. Dans leur nombre figurent quatre Amiraux français et cinq
Généraux sans compter un Adjudant général en intérim de guerre. Il faut
rappeler aussi la mémoire des nombreux Chevaliers de Malte et de St
Louis et les morts au feu.
Nous aurons plus tard à rappeler aussi les Officiers Généraux de terre
et de mer espagnols de la même Maison. Étant donné la complexité des
grades, dénominations, rangs et fonctions des cadres généraux de l'armée
et de la Marine royale sous l'Ancien Régime, il est utile d'en donner un
schéma pratique en marge de sa plus grande complexité. La terminologie
propre aux Officiers Généraux était, à la suite de la dénomination de
leur grade, celle-ci : "... des armées du Roi" ou "... des armées
navales (du Roi)". L'ordre hiérarchique était progressivement le suivant
:
|
Terre |
Mer |
| " Brigadier des
Armées du Roi " |
" Brigadier des
Armées navales " |
| " Maréchal de
camp " |
" Chef d
'Escadre " |
| " Lieutenant
Général " |
" Lieutenant
Général " |
| " Maréchal de
France " |
" Vice-amiral de
France " |
| " Connétable de
France " (supprimé) |
" Amiral de
France " (un seul) |
Les Roquefeuil
donneront dans l'ordre descendant des dignités :
-
1 Vice-amiral
de France avec rang de Maréchal de France (1781) (précédemment
Chef d'escadre (1761) puis Lieutenant général (1766, chef
d'escadre 1728)
-
1 Lieutenant
Général des Armées navales (1741) (mort en mer avec la promesse
du bâton de Maréchal de France, en 1744)
-
1 Chef
d'escadre des Armées navales (1771) Brigadier (1765),
-
2 Maréchaux de
camp des Armées du Roi (1791 et 1815),
-
1 Général de
brigade, actuel (...) (Maréchal de camp ancien),
-
2 Brigadiers
des Armées du Roi (1705 et 1745),
-
1 Brigadier
des Armées navales (1786),
-
1 Chef de
Division, Adjudant général par intérim de guerre (1796).
L'unité de base de l'armée était le Régiment, établi dans une garnison
sous l'autorité soit de son Colonel (ou Mestre de camp) soit de son
Lieutenant-colonel (lorsqu'un Colonel-propriétaire n'y résidait pas).
Les
effectifs en furent assez variables (jusqu'aux réformes de Louis XVI).
Aux Régiments royaux d'Infanterie correspondaient des Régiments
provinciaux jumelés ainsi le Régiment d'Anduze Infanterie au Régiment
Royal-Languedoc.
En
opérations de guerre, l'unité rationnelle était, la Brigade à effectif
quasi constant et composée de plusieurs régiments ou éléments de
régiments variés en général d'une même arme, sous le commandement d'un
Brigadier d'Armée breveté ayant alors toutes les fonctions et
prérogatives d'un Officier général. Il s'agissait en principe de
certains commandants d'un de ces régiments, Cavalerie ou Infanterie, en
temps de paix et qui avaient reçu leur Brevet permanent de Brigadier
dont l'insigne était une étoile. Dans les troupes de forteresse, ce
Brevet de Brigadier était donné à certains commandants de places appelés
déjà "Lieutenants de Roi". En opérations de guerre, des Officiers
généraux (à 2 étoiles d'État-major appelés Maréchaux de camps recevaient
le commandement d'une Division ou l'équivalent, tandis que des
Lieutenants généraux, commandants d'une Division territoriale en temps
de paix, dirigeaient en guerre, un corps d'armée ou étaient adjoints au
Général en chef (d'où leur titre) en principe un Maréchal de France.
A
l'origine, l'ensemble militaire était divisé en deux principales armes,
la Cavalerie et l'Infanterie, ainsi que plusieurs armes spécialisées.
Elles étaient sous la direction d'un Colonel Général de la Cavalerie ou
de l'Infanterie relevant du Connétable de France. Ces grands offices
furent supprimés ou rendus honoraires.
Lorsqu'il y avait un Colonel Général , même honoraire de la Cavalerie,
tous les titulaires de régiments de cette arme portaient le titre de
"Mestres de camp" (jusqu'aux réformes de Louis XVI) et celui de Colonels
dans l'Infanterie. Le Colonel Général de la Cavalerie avait un régiment
particulier de même dénomination dont la compagnie colonelle, commandée
par un capitaine ayant rang de Lieutenant-colonel, possédait comme
étendard propre, la seule "Cornette blanche de la Cavalerie française"
(Jacques-Joseph, Marquis de Roquefeuil et du Bousquet, fils d'un Mestre
de camp à la suite de la Cavalerie, commandait cette prestigieuse
"Cornette blanche" lors de sa mort en 1722).
Louis XVI unifia les effectifs des régiments et supprima les grades de
Mestres de camp et de Brigadier au profit exclusif de ceux de Colonels
et de Maréchaux de camp permanents en paix comme en guerre.
Dans la Marine, le grade de Brigadier était donné à un Capitaine de
vaisseau qui pouvait, dès lors, commander en opération une Division
navale et entrer, ensuite, dans le cadre de réserve.
Les
Chefs d'escadre qui, comme leur titre l'indiquait pouvaient commander
une Escadre en opération de guerre, n'avaient souvent que celui d'une
Division mais aussi le commandement d'un grand port et de sa marine,
particulièrement en temps de paix. Les commandements pouvaient aussi, en
temps de guerre plus particulièrement, être confiés à des Lieutenants
Généraux commandants, comme les rares Vice-amiraux de France, des
flottes importantes, ou des grands corps de troupes de la Marine.
Lorsqu'un Chef d'escadre ou un Lieutenant Général commandait une flotte
d'au moins 12 vaisseaux d'au moins 36 canons, en l'absence de l'Amiral
ou d'un Vice-amiral, il pouvait recevoir rang et dignité de
"Contre-amiral de France" durant l'expédition (ordonnance de 1668).
Les
Armées navales étaient de droit sous les ordres des Vice-amiraux de
France dont le nombre fixe de deux, celui du Ponant et celui du Levant
et celui du Levant fut porté à trois par Louis XVI, en 1777 en raison de
l'extension de la Marine alors. Les Vice-amiraux étaient placés par
rapport à l'Amiral de France (alors des Princes royaux) dans la même
position que les Maréchaux de France par rapport au Connétable. Ils
avaient le même rang militaire mais n'en étaient distingués que par la
dignité de Grands Officiers de la Couronne possédée, par les premiers
(depuis François I) Lorsque le Roi voulut plus tard honorer de cette
dignité particulière un Vice-amiral il lui conférait alors les titres
joints de "Maréchal et Vice-amiral de France". Les Vice-amiraux de
France étaient les Maréchaux de la mer - une ordonnance 1786 donna la
préséance aux Maréchaux parce qu"il fallait augmenter l'émulation en ne
souffrant plus que les Vice Amiraux devenant Maréchaux de France
conservassent leur Vice Amirauté". (Littré). A l'instar des Maréchaux
dont ils portaient les mêmes broderies sur l'uniforme, et qui posaient
l'écu de leurs armes sur deux bâtons croisés, ils posaient l'écu des
leurs sur une ancre.
C'est la Révolution qui, en 1793, supprimant l'Amiral de France et ses
trois Vice-amiraux, comme les Maréchaux, institua trois Amiraux (tout
court) (généraux en chef), neuf Vice-amiraux (généraux de division) et
seize Contre-amiraux (généraux de brigade).
L'ordonnance du ler mars 1831, en référence à celle de 1819, replaça les
trois Amiraux (tout court) au rang occupé alors par les Maréchaux,
suivis de dix Vice-amiraux et de vingt Contre-amiraux. Cela dura jusqu'à
leurs décès après la chute du Second Empire.
Pendant la période allant de 1705 à 1830, soit 125 ans, il y eut
plusieurs Roquefeuil Officiers Généraux vivants: 2 de 1761 à 1765 et de
1775 à 1780 et 3 de 1765 à 1775.
Dijon,
le 28 mars 1995
E. de Roquefeuil-Anduze
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